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45e Midi de la Microfinance et de l'inclusion financière

La finance inclusive face au terrorisme : compliance, lutte contre le blanchiment et développement


45e Midi de la Microfinance

Photos de Olivier Minaire

Communiqués de presse

  • Le Quotidien - 11 octobre 2018 - n°237 - Aude Forestier : lire l'article
  • Lëtzebuerger Journal - 11 octobre 2018 - n°237 - Audrey Somnard : lire l'article

Pour une coopération Nord-Sud contre le blanchiment

La thématique de ce Midi aura décidément suscité beaucoup d’intérêt, à en noter les nombreuses questions des professionnels du secteur financier présents dans la salle. Ce 10 octobre à la Banque de Luxembourg, près de 100 personnes ont assisté au débat sensible de la finance inclusive face au terrorisme, entre la dirigeante de la plus grosse institution de microfinance au Burkina Faso et l’une des 900 membres de l’Association Luxembourgeoise des Compliance Officers (ALCO).
 

Le Luxembourg fortement réglementé pour l’envoi des fonds
« Clients, investisseurs, personnes avec qui on a une relation d’affaire… il faut bien savoir avec qui l’on travaille avant de pouvoir effectuer des transactions ». C’est ainsi que Sundhevy Debrand, membre de l’ALCO et Compliance Officer au sein de la banque d’investissement Quilvest Luxembourg Services S.A, pose le contexte. L’envoi de fonds depuis le Luxembourg vers différents pays est fortement réglementé par des directives européennes anti-blanchiment transposées au Luxembourg, sur lesquelles figurent également la liste des pays à haut risque classifiés par le Groupe d’Action Financière (GAFI), un organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Mme Debrand poursuit : « Face à cette liste, le gouvernement luxembourgeois n’a pas pris position ; il appartient à chaque professionnel du secteur financier de faire sa propre approche basée sur les risques, en fonction de sa propre connaissance du cadre légal et réglementaire du pays avec lequel il va travailler. Or on sait bien qu’en finance, le risque zéro n’existe pas. Il est cependant possible de réduire le risque au bout de deux ou trois années de travail avec un pays, lorsque l’on connaît bien ses spécificités locales. Notre rôle en tant que compliance officer consiste à contrôler l’envoi des fonds vers ces pays, or ce contrôle passe avant tout par la connaissance du client ».
 

Des règlementations applicables sur le terrain, mais à quel prix ?
« Comment sont perçues ces règlementations du côté du Burkina ? » demande Luc Vandeweerd, le modérateur du débat, en s’adressant à Azaratou Sondo, directrice adjointe en charge du Réseau à la Faîtière des Caisses Populaires du Burkina (FCPB). « Depuis la création de notre Faîtière en 1972 jusqu’à ce jour, la réglementation a connu une grande évolution. Nous sommes aujourd’hui soumis à des instructions au niveau de la Banque Centrale et il devient de plus en plus difficile de faire des transactions de gros volumes. Nous avons obligation de déclarer toute transaction supérieure à 5 millions de Francs CFA - soit environ 7 600€ -. Ce contrôle permanent peut déstabiliser le client et même nuire à notre réputation ».

Si l’aspect contraignant de la compliance est souligné en termes administratif, son coût ne facilite pas non plus sa mise en place. « Le coût de la compliance est cher », assure Madame Debrand. Alors à qui cela incombe-t-il ? « Une visite sur le terrain se fait aux frais de l’institution et peut vite atteindre des sommes conséquentes en fonction du coût de l’inspection et des sanctions financières appliquées, s’il y en a », poursuit Madame Debrand. « Personnellement, nous sommes obligés de faire avec, réplique Azaratou Sondo. Supporter le coût de la compliance implique de mettre en place des structures pour absorber ces frais, car on ne peut pas facturer cela à nos membres ».
 

La finance digitale comme alternative face au terrorisme
Face au terrorisme qui sévit dans le Nord-est du Burkina, l’insécurité règne et les agents de crédit ne peuvent même plus se déplacer dans les villages pour rencontrer les membres. Alors comment continuer à offrir des services dans ces zones fragiles ? « La solution, c’est la finance digitale, assure Madame Sondo. Une stratégie nationale est en cours d’élaboration pour nous permettre de transférer l’argent de façon sécurisée, tout en poursuivant notre mission d’éradication de la pauvreté. J’ai bon espoir ».
 

Renforcer la coopération Nord-Sud et le dialogue
Le mot de la fin est donné à Raymond Schadeck, Président de Investing for Development SICAV, un fonds d’investissement en microfinance basé au Luxembourg. Si pour lui le respect des législations européennes et luxembourgeoises est très important, il ne résout évidemment pas tous les problèmes sur le terrain. « Il faut faire une bonne évaluation entre le risque et ce qu’on cherche à atteindre, ajoute-t-il. Et surtout, il faut s’entourer de partenaires qui connaissent bien le marché et qui ont les moyens de faire le travail. LMDF opère avec ADA depuis 9 ans. Ils ont créé ensemble 115 partenariats dans 26 pays. C’est via un partenariat fort qu’on arrivera non pas à éviter le problème, mais du moins à le prévenir ».

Selon Mr Schadeck, il faut que les instances de microfinance investissent encore plus d’argent, pour informer davantage le public et leurs investisseurs sur l’impact qu’ils créent. « Parler de risque, c’est important ; mais il faut contrebalancer tout ça ; en 9 ans, LMDF a déboursé 150 000 prêts, c’est-à-dire qu’ils ont changé la vie de 150 000 foyers ! ».  


Mot de bienvenue

Orateurs

  • Mme Azaratou Sondo, Directrice générale adjointe en charge du Réseau à la Faîtière des Caisses Populaires du Burkina (FCPB), Burkina Faso
  • Mme Sundhevy Debrand, membre de l’Association Luxembourgeoise des Compliance Officers (ALCO) et Chief Compliance Officer chez Quilvest Luxembourg Services S.A.

Modération

  • M. Luc Vandeweerd, membre du Conseil d'administration de ADA, Luxembourg

Conclusion

  • M. Raymond Schadeck, Président de Investing for Development SICAV, Luxembourg

Les orateurs de ce Midi

Azaratou Sondo/Nignan, Directrice générale adjointe en charge du Réseau à la Faîtière des Caisses Populaires du Burkina (FCPB), Burkina Faso

Diplômée d’Etudes Supérieures à l’Institut Technique de Banques à Paris, d’une Maîtrise en Sociologie (option sociologie rurale) de l’Université de Ouagadougou, d’un master en communication des entreprises de l’Institut Africain de Management (IAM-Ouaga), d’un Master en communication pour le développement humain durable (IPERMIC, Université de Ouagadougou), Madame Sondo Azaratou a démarré sa carrière professionnelle en 1996 dans le volet « crédit rural » du Programme de Développement Rural de la Sissili où elle a occupé le poste de chef de projet adjoint chargé de la mise en place de Caisses villageoises d’Epargne et de Crédit Autogérées.

Elle est rentrée au RCPB en 1999 où elle a occupé de 1999 à août 2004 le poste de coordonnatrice du programme crédit épargne avec éducation à l’Union Régionale des Caisses Populaires du Nord.

De septembre 2004 à juin 2010, elle a été promue au poste de Directrice Régionale des Caisses Populaires du Nord où elle s’est investie dans la consolidation et le développement des Caisses populaires de la région du Nord.

De juillet 2010 à juillet 2015, elle a occupé le poste de Directrice du Marketing et de la Communication à la Faîtière des Caisses Populaires du Burkina où elle était chargée du développement et de la coordination des plans d’affaires, des politiques et stratégies marketing / communication du RCPB.

Depuis le 1er août 2015, elle est nommée Directrice générale adjointe en charge du Réseau à la Faîtière des Caisses Populaires du Burkina.

De 2002 à 2010, elle a été répondante du Centre d’Innovation Financière chargée de la coordination et du suivi du développement des nouveaux produits au RCPB.

Elle est administrateur de CIF Assurance Vie Burkina depuis juillet 2014.

Au niveau national et sous régional, elle est depuis mai 2017, Présidente de l’Association professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés du Burkina et deuxième Vice-Présidente de la Fédération des Associations Professionnelles des Systèmes Financiers Décentralisés de l’UEMOA.

Elle est distinguée au rang de Chevalier de l’Ordre National par l’Etat Burkinabé en décembre 2015.

Madame Sondo/Nignan Azaratou est âgée de 49 ans, mariée et mère de deux enfants.


Sundhevy Debrand, membre de l’Association Luxembourgeoise des Compliance Officers (ALCO) et Chief Compliance Officer chez Quilvest Luxembourg Services S.A.

Mme Sundhevy Debrand a commencé sa carrière dans le secteur financier à Luxembourg il y a plus de 20 ans chez Chase Manhattan Bank et a rapidement rejoint les activités de contrôle interne de différentes institutions financières comme Banca Intesa, Nikko Bank, HSBC, PayPal, Intertrust et Nordea où elle a élargi ses compétences dans la fonction Compliance et la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Sundhevy travaille actuellement chez Quilvest Private Equity où elle est responsable de la gouvernance, la conformité et la prévention du blanchiment et du financement du terrorisme.

Elle est depuis 2002, membre du conseil d’administration de l’Association Luxembourgeoise des Compliance Officers (ALCO) et elle est également membre du Comité anti-blanchiment de l’Association Luxembourgeoise des Fonds d’Investissement (ALFI).


Luc Vandeweerd, membre du Conseil d'administration de ADA, Luxembourg

Luc Vandeweerd est diplômé en 1978 de l’Université Catholique de Louvain de Belgique (Maîtrise en Communication Sociale). Il a travaillé durant vingt ans pour le Bureau International du Travail (BIT) comme expert en coopératives et en microfinance dans différents projets de coopération technique en Afrique. De 1992 à 2002, M. Vandeweerd est affecté à Dakar au Sénégal comme responsable du projet PASMEC, un projet d’appui au développement de la microfinance en Afrique de l’Ouest mené par le BIT en partenariat avec la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest – BCEAO. En 2002, il rejoint la direction d’ADA, une ONG spécialisée en microfinance sise à Luxembourg jusqu’en juillet 2018, moment où il prend sa retraite et rejoint le Conseil d’administration de ADA.


Sarah Khabirpour, Head of Compliance à la Banque de Luxembourg

Après un passage de six ans au Ministère de la Justice du Grand-Duché de Luxembourg en tant qu'avocate, Sarah Khabirpour devient Chef de cabinet de l'ex-ministre des Finances, Luc Frieden et Premier conseiller de Gouvernement, de 2009 à 2014.
A l’été 2014, elle intègre la BIL (Banque Internationale du Luxembourg) comme Head of Strategy, Regulatory Affais and MarCom, où elle siège également au Conseil d’administration comme représentante de l’État luxembourgeois.
Elle rejoindra ensuite la Banque de Luxembourg en tant que Head of Compliance en septembre 2017, poste qu’elle occupe encore à ce jour.
Sarah Khabirpour est titulaire d’une Maîtrise en Droit de l’Université de Paris I Sorbonne-Panthéon, et d’un Master en Droit (LL.M. – Master of Laws) qu’elle a obtenu à la London School of Economics & Political Sciences. En 2014, elle décroche un MBA « Executive Education - General Management Programme » de la Harvard Business School à Boston (USA).
Sarah Khabirpour détient la nationalité luxembourgeoise. Elle parle également l'allemand, le français, l'anglais et le Farsi (persan).


Raymond SCHADECK

Raymond Schadeck, Président de Investing for Development SICAV, Luxembourg

Né en 1955, Raymond Schadeck est titulaire d’une Maîtrise en sciences économiques (1979) et d’une Licence en droit (1981) de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg. Depuis 2012, il est titulaire du certificat en gouvernance d’entreprises de l’INSEAD et administrateur certifié par l’INSEAD et l’ILA (Institut Luxembourgeois des Administrateurs). Depuis juillet 2018, Raymond Schadeck est également Président de Investing for Development SICAV.

M. Schadeck a passé une grande partie de sa carrière dans le cabinet international Arthur Andersen (1981-2002). Il a ensuite intégré Ernst & Young en tant que CEO jusqu’en 2010. En 2010, il décide de quitter le réseau Ernst & Young pour se vouer entièrement à une carrière en tant qu’administrateur indépendant au sein de sociétés luxembourgeoises comme Luxexpo, Luxinnovation (jusqu’en mars 2018), Banque Raiffeisen, CDCL, SnapSwap, Minusines, Deveco, Intesa Sanpaolo Holding International et Private Equity International. Raymond est aussi Président de l’Institut Luxembourgois des Administrateurs (ILA) et Vice-président du Conseil Supérieur de Développement Durable (CSDD).

M. Schadeck est Président de la fondation UP Foundation, Vice-Président de l’EPI – Association luxembourgeoise pour l’Encouragement, la Promotion et l’Intégration sociales de jeunes et jeunes adultes en détresse et membre du Conseil d’Administration de EME – Ecouter pour Mieux s’Entendre – et de l’association Equilibre. Il a aussi été membre fondateur de l’initiative « Et ass 5vir12 » qui se portait fort d’un changement de mentalité radical au sein de la société luxembourgeoise dans l’intérêt des générations futures.


Ce 45e Midi de la microfinance est organisé avec le soutien de la Direction luxembourgeoise de la Coopération et de l'Action humanitaire et du réseau InFiNe.lu, en collaboration avec la Banque de Luxembourg et l’ALCO (Association Luxembourgeoise des Compliance Officers).
Les Midis de la microfinance ont lieu durant la pause-déjeuner de 12h à 14h. Au menu, la présentation d'une étude ou d'un cas pratique par un expert d’un domaine de la finance inclusive, suivie d’une séance de questions-réponses, clôturée par un déjeuner-buffet.

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