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Revue Proparco

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Date de publication : 14-04-2016

Entre la logique du don et celle de la maximisation du profit émerge depuis quelques années une voie intermédiaire : celle du social business. L’idée repose sur un double constat. D’une part, les pouvoirs publics et la société civile peinent – notamment dans les pays pauvres – à résoudre certaines problématiques, comme l’insécurité alimentaire, le manque d’accès à la santé, à l’eau, à l’énergie
ou à un logement digne. De l’autre, la logique de maximisation du profit montre ses limites en accentuant par exemple la pression sur les ressources, en contribuant au réchauffement climatique ou à l’accroissement des inégalités.

L’entreprise privée peut apporter des réponses à ces défis : avec le social business, elle se met au service de causes sociétales. Le profit devient alors un moyen et non une fin en soi ; l’entreprise n’agit pas seule, mais en co-création avec les institutions publiques et la société civile. Cette démarche attire de nombreux acteurs : salariés en quête de sens, politiques soucieux de faire reculer le chômage, entreprises désireuses de retrouver la confiance des citoyens et pour certaines de jouer un vrai rôle sociétal, investisseurs responsables, bailleurs internationaux, etc.

Mais où se situe la frontière entre social business et « business as usual », surtout lorsqu’une rémunération du capital est prévue ? Comment distinguer un engagement proactif et sincère d’une opération de social washing ? Et au-delà des intentions, comment évaluer l’impact net du social business ? Du côté des investisseurs à impact, les attentes en terme de retours financiers et sociétaux sont en outre très variées – comment y répondre au mieux ? Toutes ces questions appellent donc des définitions claires, associées à des fourchettes précises en termes de rémunération du capital et des indicateurs explicites.

Cependant la double poursuite d’objectifs sociétaux et économiques n’est-elle pas utopique ? Rares sont les entreprises sociales qui atteignent le point mort, par exemple. Comment trouver le bon modèle économique, permettant de répondre aux besoins des populations pauvres tout en générant un profit ? Et, lorsque l’activité est bien établie, comment parvenir à changer d’échelle ? Autant de questions auxquelles ce 23e numéro de la revue Secteur Privé & Développement tente de répondre pour définir les conditions d’un développement pérenne et à grande échelle du social business. Le jeu en vaut la chandelle. Ouvrir la voie à une économie réellement inclusive, basée sur la co-création avec les différentes parties prenantes, donnant accès à tous aux biens et services essentiels, à un travail digne, dans un partage équitable de la valeur, tel est au fond l’enjeu principal du social business.

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